Voilà encore un thème sur lequel on ne peut pas ne pas s’arrêter sur un blog comme celui-ci. La jalousie est une émotion et n’est pas obligatoirement malsaine si tant est qu’elle reste une émotion contrôlable et contrôlée. Pour Freud, elle est même indissociable du sentiment amoureux pour autant qu’elle ne devienne pas pathologique. Seulement, voilà, à partir du moment où une émotion et ce, quelle qu’elle soit, commence à nous ronger l’estomac et à nous handicaper, il faut s’en inquiéter.
La jalousie peut être amoureuse, mais pas seulement. Dès l’enfance, on peut en souffrir. La peur que son frère ou sa soeur soit plus aimé par ses parents est une peur commune à beaucoup de têtes blondes. La concurrence qui, dans le travail peut s’avérer constructive car pousser au dépassement de soi, peut là aussi se transformer en sentiment malsain et en haine de l’autre.
Qui n’a jamais connu une collègue capable des pires crocs-en-jambes pour déposséder sa rivale de la bienveillance de la hiérarchie ? Une amie qui soudain vous trahit pour attirer les regards de la bande ?
Il est à mon sens important de ne pas dissocier toutes les formes de jalousie afin de mieux appréhender la jalousie amoureuse. En effet, un point commun existe : la peur de perdre ce que l’on possède, l’envie d’avoir ce que l’autre possède, le manque de confiance en soi, la recherche d’amour. L’amie qui trahit se sent menacée par votre charisme, elle ne se croit pas à la hauteur et vous jalouse donc. L’enfant se sent moins intéressant que son petit frère, il se croit moins intelligent par exemple et le jalouse donc.
Les causes de la jalousie sont donc à rechercher dans la petite enfance pour beaucoup. Bien souvent, l’enfant qui aura manqué d’affection sera un adulte jaloux car il aura en tête cette terrible impression de ne pas valoir assez aux yeux des autres, d’être quantité négligeable, conclusion personne ne pourra vraiment l’aimer assez puisqu’il n’est pas digne d’amour.
Mais elle peut également arriver sans crier gare, cependant là encore le problème est affectif. Une femme ou un homme qui perd certains de ses atouts, ceux qui faisaient l’admiration de son entourage, par l’âge ou la maladie par exemple, perdra soudainement sa confiance naturelle et deviendra jaloux des personnes qui lui renverront à la figure le reflet de ce qu’il a perdu, jaloux également envers sa partenaire puisque ce qu’il imagine l’avoir séduite a perdu de sa superbe, il lui prêtera des envies d’aventure avec ceux qui les possèdent encore.
Certains couples vivent dans une jalousie choisie, chacun s’évertuant à rendre l’autre jaloux afin d’offrir à la relation la peur d’une fin imminente et donc d’éviter que la relation ne s’enferme dans une routine tueuse, faire en sorte que la flamme ne s’éteigne pas. Puisque tu as peur de me perdre, tu feras tout pour me garder.
Dans cette configuration, tout le monde s’y retrouve donc aucun souci. C’est d’ailleurs un des fondements de la théorie du livre «Petit éloge de la jalousie » de Gaëlle Obiégly, l’être jaloux lutte contre l’ennui et la routine de la vie de couple en cherchant les preuves de son cocufiage.
D’autres couples vivent la jalousie d’un des deux comme une véritable souffrance, justifications obligatoires pour tout, disputes, voire violence. Dans ce cas-là, le partenaire jalousé éprouve de plus un sentiment de culpabilité intense, car bien qu’il ait l’impression de ne rien faire de répréhensible, il se sent responsable de la souffrance que son partenaire subit. Bien souvent, le jaloux souffre d’un sentiment d’infériorité, il ne se croit pas digne d’amour,
il est persuadé que le jalousé ne l’estime pas assez bien pour lui et trouvera mieux ailleurs. Ce n’est pour lui qu’une question de temps. Le paradoxe est qu’une personne de nature jalouse choisira à coup sûr de vivre avec un être séducteur au possible, car cela lui permettra dans les premiers temps de la relation de pouvoir se sentir mieux dans sa peau, le côté j’l'ai eu quand tout le monde le voulait, c’est moi qu’il a choisi ! Mais c’est aussi ce qui le rendra fou au fil des mois… Dans ce cas de figure, il faut savoir qu’il existe selon Freud trois types de jalousie :
– La jalousie dite normale : peur de perdre l’affection de l’être aimé;
– la jalousie projetée : l’homme qui trompe sa femme, ou en meurt d’envie, sera jaloux, projetant ainsi son désir sur sa femme;
– la jalousie délirante : qui selon Freud est un refoulement de son homosexualité.
La jalousie projetée étant la plus courante.
Enfin, certains hommes ou femmes se plaignent que leur partenaire n’est pas jaloux et font tout pour tenter de les pousser dans ce sentiment. Ce qui prouve encore une fois que l’amour et la jalousie
sont intimement liés dans les esprits. Si mon mari n’est pas jaloux lorsque je flirte à table avec son ami, m’aime-t-il vraiment ? M’aime-t-il vraiment s’il n’a pas peur de me perdre ?
Il est à noter que la jalousie extrême, peut aller jusqu’à l’homicide et si bien souvent ce sont les hommes qui passent à l’acte, c’est qu’il reste dans nos moeurs une vue de l’esprit encore bien ancrée. L’homme est par nature infidèle car par nature hypersexuel, tandis que l’on pense encore que la femme ne peut avoir de relations sexuelles sans amour. La tromperie féminine est donc bien plus grave aux yeux de notre société. Heureusement qu’un site comme Missclito aide à abolir ce genre de raisonnement !
DR : (illustration = représentation de la jalousie dans “les triomphes de vénus” d’ANGELO BRONZINO
